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Une faveur repousse le mérite. (ani)
Amalrich von Zedlitz
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Amalrich von Zedlitz
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Dim 17 Fév - 19:03

Wait for it - Ani/Amal

Il y avait certaines douleurs qui ne pouvaient pas guérir, régénération ou non, et dont l'intensité ne diminuait pas, même après des siècles de vie. Cette douleur restait, comme un déchirement en son coeur, un picotement équivalant à un bruit parasite qui semblait le condamner à rester dans une perpétuelle mélancolie et qui entrait presque en résonance avec celle provoquer par la broche en forme de Camélia qu'il portait dans sa chair. Amalrich avait deux moyens d'apaiser la première douleur. Il y avait les combats, le moyen le plus efficace, qui étouffait complètement ce sentiment de mélancolie. L'entraînement et l'aiguisement de ses lames étaient un substitut acceptable à cette première solution. Ensuite, il y avait l'opium. C'était un autre type d'enivrement. Il ne permettait pas d'étouffer la douleur mais de s'y plonger entièrement, donner l'illusion d'être à un instant où les souvenirs ressassés n'étaient pas encore des souvenirs douloureux. Avec l'opium, le Prussien pouvait se laisser bercer par la nostalgie. Une envie qui se faisait plus vivace comme l'était la douleur lorsque arrivait certaines dates. On aurait pu croire qu'après autant de temps, il aurait fini par les oublier. Mais non.

Aujourd'hui, il n'y avait ni entraînement ni action guerrière en vue, ses armes n'avaient nullement besoin d'être aiguisées et il y avait cette date qui le narguait sur le calendrier. Aujourd'hui était donc une journée propice pour chassant le dragon.

Installé dans son fauteuil, Amalrich souffla avec lenteur et son regard contempla d'un air absent les volutes de fumée produite par sa respiration. En guise de fond sonore, son gramophone passait un air d'Opéra. Seul élément qui brisait le silence de sa chambre. Une main refermée sur la pipe élégamment sculptée, l'autre appuyé contre son menton l'empêchait de totalement être avachi dans le fauteuil tout en lui donnant une pose songeuse. Un soupir franchit ses lèvres avant qu'il ne porta l'objet à sa bouche pour prendre une nouvelle inspiration de sa drogue.

Son regard était voilé autant par l'opium qui faisait son oeuvre dans son esprit que par la fumée qu'il venait d'expirer lorsque la porte s'ouvrit. Le Prussien étouffa un mince grognement. D'ordinaire, on savait que lorsque le gramophone égrainait sa musique, il ne fallait pas le déranger. Il se redressa et se figea. "Toi." Souffla-t-il et on aurait cru en voyant son expression qu'il venait de voir un fantôme. Pendant un instant, passé et présent se mêlèrent dans son délire opiacé. Le temps qu'il se lève et l'illusion avait disparu, révélant qu'il s'agissait d'Anakin. Son visage fit traverser par une douleur sourde, déchirante, puis par la déception avant de finir par la mélancolie qu'il cherchait justement à fuir. "Toi." Répéta-t-il en se laissant choir dans son fauteuil avec lassitude. "Que me veux-tu ?" Demanda-t-il en poussant un soupir. Amalrich se passa une main sur visage, comme pour chasser les dernières traces de l'illusion traîtresse qui l'avait envahi.

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Anakin Lewis
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Mar 19 Fév - 22:32

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Après discussion avec Primrose, il tenait toujours à s’accrocher à cette idée d’aller travailler. Il avait espoir que si elle, d’un point de vue tout à fait professionnelle, cela ne la gênait pas peut-être que… Non impossible que ça passe avec l’autre fou de français. Il allait quand même essayé, mais non sans demander un peu d’aide.

En fin d’après midi, cloitré dans le noir dans sa chambre, Luca était venu se coller derrière lui alors qu’Ani fixait sa tablette d’un air réprobateur. Il avait son air agacé, les sourcils froncé et le nez retroussé. Luca craquait à chaque fois. Il avait toujours l’air d’avoir de se faire du soucis… C’était toujours mieux que sa tête du je souffre de vivre. Il avait quelque chose de craquant. Or, il fallait croire qu’il était un peu trop agacé, car Anakin avait repoussé son ami sèchement alors qu’il était seulement venu l’enlacer et lui déposer un baiser dans la nuque. « Mais qu’est-ce que tu fais… » dit-il en venant lui voler sa tablette parce qu’il l’avait fermé quand Luca était arrivé. Il n’était pas idiot, des oeuf, du beurre, de la farine partout, des amandes… « Tu fais de la pâtisserie… » dit-il avec un léger rire.

Ani finit par craquer et se mit à grogner poussant son charmant-voisin en dehors de la cuisine et l’intimant à retourner chez lui, juste au-dessus, lui rendant son chat par la même occasion. Luca riait et était remonté chez lui. Quand Anakin se retourna pour aller dans la cuisine, le chat était « encore » là. Enfin, c’était le deuxième. Il crut devenir fou. Il soupirait et retournait à ses occupations. Oui c’était bien de la pâtisserie et s’il savait… D’un ce n’était pas trop son truc, il en faisait si rarement et de deux… Ouais, non il n’y avait pas de deux. Si si… Est-ce que je vais avoir le courage d’arriver au bout et lui donner.

Il s’était rendu dans les appartement d’Amal au beau milieu de la nuit. Il n’était pas passé depuis déjà une petite semaine, mais il avait vu son Sire il y a deux jours. Il était entré discrètement, ses sablé à la mode prussienne dans un doggy-bag qu’il tenait si fort entre ses mains, nerveux. Il en avait les phalanges blanchies et ne s’en rendait même pas compte alors qu’il détachait difficilement sa main pour ouvrir la porte. Je me préparais psychologiquement à me battre alors que j’avais passer la journée à tenter de faire quelque chose de potable. Je m’y suis repris quatre fois et c’est toujours pas terrible. Je me suis demandé si ce n’était pas les biscuits à la base qui ne l’étaient pas sûrement. Cela ne m’étonnerait pas qu’il aime des gâteaux aussi insipides et secs…

Croisant Amal, finalement il s’était dégonflé et alla s’enfermer dans sa chambre, cachant les biscuits. Il attendit le lendemain, restant sur place car bien sûr… Il finirait bien par prendre de l’opium et c’est ce qu'il attendait. Ani savait qu’il était plus coopératif quand il allait chasser le dragon. Anakin avait réitérer sa prise en main de courage et repoussait cette porte qui le séparait de son Seigneur. La pièce était embaumée, mais ce n’était rien comparé à l’esprit d’Amal. Prudent, calme et toujours aussi silencieux, il n’échappait pas à la vigilance de celui à qui il a juré une loyauté éternelle. Il s’était approcher, comptant prendre place sur l’autre fauteuil à côté du sien.

Son interpellation le figea dans son mouvement, à mi-chemin entre la porte et son objectif. Il esquissa un rictus au coin de la bouche, mais c’était loin d’être un sourire. De la nervosité. Il était bizarre, comme souvent quand il consommait ses drogues. Ce genre d’expression de peur qui déformait son visage un court instant, ce visage si froid et dur se brisait… Il avait l’air humain. Personne ne parlait de la vie d’Amal avant et lui même ne parlait pas de son vivant. Ani n’avait alors aucune idée de ce qui se passait à ce moment. Et tout d’un coup cette déception qui marquait son regard quand il posait ses yeux sur moi revenait. J’eus un autre tic à la lèvre, moi aussi déçu… Déçu de le décevoir autant… Pourtant, je trouve qu’il est devenu plus tendre depuis qu’on se connait… Ou alors je me suis vraiment trop accoutumé… J'ai envie de dire que je devrais m'y faire t'façons, car il sera éternellement déçu avec moi, il en attend beaucoup trop de moi.

« Je… » et il s’arrêtait dans son élan, laissant simplement échappé un souffle. Il vint s’asseoir dans le fauteuil. Il resta un moment silencieux à regarder devant lui, boudant et il finit par se pencher pour lui tendre la boite. « e me suis dis que t’aurais faim… J’ai fais ça pour… » avait-il finit en signant, n’osant pas rajouter le toi comme s’il avait peur. Ce n’était pas son truc à Amal et à Ani… Pas forcément avec lui, donc c’était louche ou ridicule. Louche et ridicule

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Amalrich von Zedlitz
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Mer 20 Fév - 7:53

Wait for it - Ani/Amal

Il n'aimait pas être dérangé quand il était dans cet état. Les moments où il fumait son opium étaient les seuls moments où il se permettait de se souvenir, de se laisser pleinement envahir par son passé. Le reste du temps, les douleurs d'hier étaient fermement cadenassé dans son coeur, en dessous de plusieurs couches de froideur, de sévérité et de rigueur. Parfois, il parlait de son pays, surtout pour corriger des personnes ayant fait l'erreur de se tromper sur sa nationalité, plus souvent il évoquait la guerre, mais sa famille où tout ce qui était lié à son Sire et les circonstances de sa transformation ? Jamais. Auprès de personne. Seul son alliance témoignait qu'il avait été marié. Les autres détails, comme la véritable raison de son attachement à sa veste d'uniforme demeurait secrète.

L'air d'opéra qui résonnait était autant un réconfort qu'un avertissement dans ce but et voilà que quelqu'un osait interrompre le seul moment où il se permettait de lâcher prise. Toutefois, Amalrich était trop las pour exprimer un reproche. En fait, il était tellement loin dans sa consommation qu'une part de lui doutait de la présence d'Anakin dans cette pièce. Juste avant, il avait cru voir son fils, à peine avait-il eu le temps de se lever que l'illusion avait disparue, remplacer par son dernier infant en date. La douleur avait fait place à la déception et, ensuite, à une immense lassitude. Qui pouvait dire s'il ne s'agissait pas d'un autre délire créé par l'opium ? Le soldat avait essayé de chasser cette impression en se passant une main sur le visage, chasser le souvenir douloureux qui lui avait percé le coeur pendant un horrible instant. Il avait brisé le silence en se laissant mollement retomber dans son fauteuil. Tout chez lui trahissait son désir qu'on le laisse en paix.

Il avait posé une question alors que l'instant suivant, il donnait l'impression de se moquer d'obtenir une éventuelle réponse. Amalrich avait repris une bouffée d'opium et ferma les yeux en se laissant bercer par la musique. Un mot se fit entendre, un simple je. En réaction, le soldat leva un doigt, comme un ordre impérieux de se taire. "Écoute." Ordonna-t-il en soufflant un nouveau relent de fumée. Il garda les yeux fermés alors qu'il entendit son visiteur s'installer dans le fauteuil voisin. Le gramophone retransmit le point culminant de la chanson, la voix stridente tout en restant harmonieuse de la cantatrice emplie l'espace tandis qu'Amalrich battait la mesure de sa main libre, transporter par l’interprétation. A la fin de l'envolée lyrique, il poussa un soupir de satisfaction avant de finalement ouvrir les yeux. Son regard embrumé regardait droit devant lui, fuyant intentionnellement le visage d'Anakin qui lui rappelait trop celui de son défunt fils à ce stade de sa consommation. "Tu sais que je ne veux pas qu'on me dérange quand je fume." Enfin il avait formulé ce reproche et enfin il osa se tourner vers son visiteur.

Amalrich fronça les sourcils en contemplant la boîte comme s'il s'agissait d'une bête curieuse. "Tu as fait ça ?" Demanda-t-il, soupçonneux, pour s'assurer qu'il avait bien compris la fin de la phrase signée. Nouveau soupir, nouvelle expiration de fumée. Avec un grognement étouffé, le soldat se redressa sur son siège afin de s'y tenir mieux, plus droit, retrouver sa stature d'instructeur implacable, avant de poser la pipe sur une petite table à côté du fauteuil, non sans réticence. "Ma foi, si tu as fait cet effort, la moindre des choses seraient de..." Commença-t-il sur un ton et dans une attitude clairement récalcitrante avant de s'arrêter en voyant les sablés aux airs familiers. D'une main distraite, il en prit un pour le manger. Le Prussien le mâcha avec une lenteur qu'on aurait pu apparenter à de la suspicion. "C'est diablement sec et sans goût..." Trancha-t-il avec sévérité. Le verdict fut suivi d'un silence avant qu'un mince sourire n'apparaisse. "Et je ne les ai jamais mangé autrement." Continua-t-il. Il eut une mince quinte de toux qui était en réalité un gloussement étouffé. Il n'y avait aucun doute que cette réaction dissonante était lié à l'opium fumé. Lentement, il s'affaissa de nouveau sur son siège tandis que son regard se voilait sous le coup d'un souvenir. "Quelle piètre cuisinière elle était." Murmura-t-il, nullement dans le but d'être entendu. Il se rappelait, Jana, sa femme, insistant pour cuisiner quelque chose par elle-même, elle lui avait présenté le plat avec une telle fierté qu'il n'avait pas osé avouer à quel point le résultat avait été indigeste lorsqu'elle avait réclamé son avis, et Viktor, bien trop jeune à l'époque pour comprendre qu'il était parfois de bon ton de nuancer son opinion, qui avait donné son avis sans prendre de gant avec l’honnêteté propre à l'enfance. Cette scène était si lointaine et, pourtant, c'était comme s'il y assistait devant ses yeux en ce moment même, se souvenant de chaque mot prononcé.

Le cadeau d'Anakin avait de quoi éveiller les soupçons. Soupçon qu'il n'aurait pas hésité à exprimer s'il avait été dans son état normal. Pourtant, Amalrich ne formula aucun doute, il ne voulait pas s'arracher à cette scène du passé pour revenir au présent.

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Anakin Lewis
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Mer 20 Fév - 20:16

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Il s’était lancé, commençant à parler mais Amalrich l’arrêtait. Rien que son doigt en l’air et le mouvement de la main l’avait fortement intimer à l’écouter et surtout ne pas en rajouter. Il refermait alors la bouche sans ajouter un mot et vint doucement s’installer sur la fauteuil. Il n’avait aucune envie de couper Amal dans l’écoute sacré de sa musique. S’adossant, le temps que le moment parfait de cette musique ne passe, Ani s’était laissé quand même porté par la mélodie. Ce n’était pas détestable, au contraire ; après il ne pourrait pas écouter que ça… Puis, ce n’était vraiment pas le jour pour le contrarier.

L’apothéose de la musique passée, Amal lui rappelait une de ses règles. Il hochait lentement la tête, ne le regardant pas vraiment non-plus. Il le savait, mais il devait. Il lançait alors le plan biscuits fait maison. Amal demandait confirmation aux signes d’Ani. Il avait oublié, en général il mimait avec lui, mais dans le stress, il avait signé par réflexe. Il opinait du chef, il avait bien compris et un petit sourire brillait sur les lèvres fines d’Ani. C’est qu’à force, il savait lire quelques signes. C’était touchant. Amal allait les goûter. C’était un homme qui avait de l’honneur ce qui rendait ce moment encore plus ridicule en vrai… On dirait que j’ai offert mes premiers cookies au Président quoi…

Il se lançait et ouvrait la boite en plastique. Les biscuits reposait dans de l’essuie-tout pour éviter qu’il s’abiment. Le blanc que l’homme laissait dans sa phrase figeait le plus jeune. Il avait eu peur d’avoir fait une connerie. J’avais envie de lui dire qu’il ne devait pas stresser, c’est pas une déclaration d’amour non-plus… Un peu d’humour quoi. Mais il en prit un pour croquer dedans et j’attendais le deuxième châtiment. Il fit une brève moue déçu de décevoir encore. Franchement, c’est … Je ne sais pas. Est-ce que je les ai vraiment raté, ou que c’est pas terrible à la base et que je les ai un peu raté.

Anakin abaissait un sourcil fit signe à Amal pour qu’il le regarde. Il lui signait « qui » et mima alors le ventre d’une femme enceinte, ou alors il montrait le doigt où l’on passait une alliance. Il était curieux de savoir qui les faisait aussi mal que lui. Il attendit de voir s’il allait avoir une réponse. Il avait peut-être une chance d’en savoir plus sur lui. Et je risquais de me faire bien taper sur les doigts après… C’est de l’alcool que j’aurais du lui ramener, pas des gâteaux. Histoire qu’il ne se rappelle plus de cette histoire… Ah ouais, mais il oublierait d’aller plaider ma cause auprès de l’autre fou de français.

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Amalrich von Zedlitz
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Jeu 21 Fév - 9:29

Wait for it - Ani/Amal

Au moins, il avait gardé le silence, le temps que le chant arrive à son paroxysme. Amalrich aimait l'Opéra principalement pour ce genre de prouesse. Le seul art qui pouvait cristalliser le déchirement de l'âme. Cela l'aida à tolérer cette intrusion, bien qu'il en formulât le reproche. Il lança un regard désapprobateur à Anakin, le genre de regard qui voulait dire sans avoir besoin de le formuler : qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi si tu ne sais pas respecter une règle aussi simple. Peut-être l'aurait-il dit à voix haute s'il n'y avait eu le coup des biscuits fait maison.

Ce geste imprévu le surpris bien plus que ce qu'il voulait le montrer. Le Prussien en avait même oublié de feindre ne pas comprendre ce qu'il avait toujours qualifié de gesticulation agaçante lorsque son infant avait signé la fin de sa phrase. Bien sûr, il lançait ce genre de remarque pour forcer Anakin à parler plutôt que de se réfugier dans ce moyen de communication, mais, à force, le noble avait fini par reconnaître et comprendre la signification de certains gestes. Tout cela pour dire qu'en voyant le carton, il ne savait pas du tout comment réagir.

Tout naturellement, il s'était calqué sur l'attitude que prenait son propre père à l'époque où lui-même avait essayé, plus jeune, de faire une tentative similaire. Son père se montrait sévère en toute occasion et particulièrement lorsque Amalrich tentait d'obtenir son approbation ou un geste affectueux avec ce genre de cadeau. Parfois, son père jetait sa tentative sans y jeter un regard, s'il estimait que ce dernier était trop puéril. Ce qui signifiait invariablement que l'entrainement qui allait suivre serait plus dur, puisqu'il avait du 'temps à perdre avec de telles facéties'. C'était pour cela qu'Amalrich avait précisé que la moindre des choses était qu'il y goutte puisque Anakin avait fait l'effort de faire ces biscuits, même si cela contribuait à accentuer le ridicule de la situation. Il se souvenait avoir ressenti la même angoisse, la même attente du verdict, que devait éprouver son visiteur en ce moment même. Pourtant, il s'interdisait de faire tomber complètement son masque de dureté pour réagir comme il l'aurait fait avec son fils Viktor.

Le goût avait chassé se souvenir pour le remplacer par un autre, bien plus joyeux. Ce goût sec et sans saveur, comme il ne manqua pas de le signaler, lui était familier. Il eut toutes les peines du monde à étouffer un rire. Un acte qu'il pourrait sans problème mettre sur le compte des miettes envahissant sa gorge si cela était nécessaire. Son regard se perdait dans le passé, celle de la première tentative de cuisine de son épouse. L'opium aidant, il s'était laissé porté par la scène. Du moins, jusqu'à qu'Anakin ne l'y arrache en attirant son attention. Amalrich le fit avec un soupir agacé. Il regarda les gestes mimés en fronçant les sourcils. Dans son état, ce froncement pouvait aussi bien dire "qu'est-ce que tu fais" que "pourquoi te le dirais-je". Avec lassitude, le Prussien répondit en levant simplement la main portant son alliance. Ensuite, il détourna son regard, comme s'il souhaitait retourner à sa contemplation du vide. "Et plus elle ratait le résultat, plus elle tenait à faire un nouvel essai, qui était encore plus mauvais que le précédent parce que..." Il avala un deuxième biscuit comme si ce geste pouvait l'aider à se souvenir. "Elle se mettait encore plus de pression pour réussir, plus d'empressement, ce qui lui faisait oublier d'ajouter certains ingrédients." Son ton était songeur. "La fois où elle avait oubliée d'ajouter les oeufs..." Rigola-t-il, on aurait dit qu'il parlait d'une scène qui se déroulait devant ses yeux. Il se souvenant de l'air catastrophé de Jana en remarquant l'oubli comme s'il s'agissait de la fin du monde, lui qui en riait et elle qui le sermonnait d'en rire. "Elle voulait tellement réussir avant que..." Il ferma les yeux en arrêtant sa phrase, le souvenir s'était teinté de tristesse. La nostalgie avait laissé place à la douleur. Avant que je ne parte pour la guerre. Il garda pour lui la fin de la phrase. "Comme elle était têtue." Souffla-t-il à la place. Le genre d'intonation qu'on prenait pour raconter une histoire qu'on savait finir en tragédie.

Le gramophone émit le bruit caractéristique indiquant qu'il tournait à vide, le disque étant fini. Amalrich avala un dernier biscuit avant de poser le carton sur la petite table, au côté de la pipe dont il se saisit avec des gestes tâtonnant. Plus que jamais, il donnait l'impression de désirer qu'on le laisse en paix. "Tu sais que je n'aime pas être dérangé quand je fume et pourtant tu es là." Rappela-t-il en portant l'objet à ses lèvres. "Et tu m'apportes en plus ceci." Il souffla la fumée en direction du carton. Le soldat marqua une pause qui aurait pu passer pour une pause de réflexion alors qu'en réalité il savourait l'effet de l'opium qu'il venait d'aspirer. "Que me veux-tu vraiment ?" Lâcha-t-il avec lassitude.

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Anakin Lewis
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Ven 1 Mar - 8:54

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Anakin écarquilla sensiblement les yeux. Il ne s’attendait vraiment pas à ce qu’Amal en dise autant sur lui. Il savait juste qu’il avait été marié car il portait une alliance et aussi qu’il ne devait pas trop en parler. Ce n’était même pas Amal en personne qui lui avait dit, mais d’autre camélias qui le connaissait, des anciennes roses tout comme lui.

Le jeune vampire s’était penché, accoudé sur le fauteuil, tout ouïe. Oui, il était pendue à ses lèvres, bercé par ses histoires. C’était drôle de l’imaginer avec sa femme, même le genre de femme qu’il aurait pu aimé et être aimé en retour. Quelle année il a vécu de son vivant ? Car peut-être que c’était un peu forcé… C’était encore plus bizarre et agréable de l’entendre dénigré la nourriture de sa femme ainsi que sa détermination à vouloir s’améliorer. C’était amusant comme anecdote. Il souriait. Anakin se serait pas donné autant de mal. Il s’était arrêté à potable.

Non, Ani n’était pas aussi têtu, à part peut-être pour une chose à ce moment même, celle qui la poussé à venir le déranger pendant qu’il fumait et qui allait bientôt être posé sur la table. Il hochait lentement la tête. « Je sais bien… Mais c’est bien rare d’avoir des moments où on peut discuter rien que tout les deux… En général, tu m’en laisse pas vraiment le temps, faut commencé par un entrainement ou quelques rixes… Après je suis… éreinté pour discuter. » fit-il l’effort de parler avec sa voix. Il devait mettre toutes les chances de son côté pour ne pas le contrarié, même si les mimes et les signes avait commencé leur échange, mais ce n’était qu’un réflexe.

Le vampire trop doux et gentil s’adossait au fauteuil, cherchant le courage et les mots pour amener le sujet. Il il déglutit, ouvrit et fermait la bouche plusieurs fois, pianotant sur l’accoudoir de ses doigts fins. « Tu te rappelles que je travaillais avant ? J’étais infirmier à la Clinique du Sacré-Coeur… » ; une pause. « Je… Je m’ennuies et j’ai besoin de mon travail… Le soucis, c’est que je veux travaillé dans cette clinique. J’y ai passé du temps, je me suis intégré dans les équipes, j’ai mes repères et en plus vu que la patronne est une vampire… C’est le plus simple pour me faire accepter avec des horaires de nuit, car je brûle au soleil… Tu vois ce que je veux dire ? » . Une autre pause pour reprendre son inspiration et compter dans sa tête. Il avait tellement parlé, mais ça allait encore… Ce n’était que des angoisses anodines, seulement pour le rassurer. Il devait se concentrer sur sa respiration mais son coeur battait la chamade. Il avait peur de la réaction et la réponse d’Amal.

« J’ai vu Miss Bryce… » osait-il jouer la transparence, le chuchotant de peur que cela n’arrive aux oreilles de Louis alors qu’il n’avait pas encore son Sire de son côté. « Juste pour discuter… Tu sais, elle m’a beaucoup aidé… » dit-il en se tapotant le crâne pour signifier psychologiquement. « Je ne veux pas vous tourner le dos ! Mais elle m’a dit que ça ne la dérangeait pas que je revienne travailler. Juste… Je dois voir avec… Louis et toi… » Pause. Sa voix se nouait dans sa gorge. « Et toi, peut-être que tu pourrais… Discuter avec le Roi… Tu sais… Lui expliquer et… Enfin, obtenir sa permission ? Toi il t’écoute et moi je n’ai même pas le droit de le regarder alors… » tentait-il avec sa bouille tellement pas assuré, tirant nerveusement le coin de sa bouche, se pinçant les lèvres et fermant les poings tout en se frottant les doigts. Que des signes d’appréhension et d’angoisse.

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Amalrich von Zedlitz
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Amalrich von Zedlitz
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Lun 11 Mar - 22:13

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C'était aussi pour cela qu'il ne voulait pas être dérangé lorsqu'il était sous l'influence de l'opium. Ce n'était pas uniquement parce qu'il ne voulait qu'aucune intervention extérieure ne vienne perturber les souvenirs resurgissant dans son cerveau embrumé mais aussi parce que l'ivresse provoquée par sa drogue avait tendance à lui délier la langue. Le passé qui était un sujet tabou à n'importe quel autre moment s'écoulait en autant d'anecdotes à mesure que le spectacle semblait se rejouer devant ses yeux. Jusqu'à ce que le charme des souvenirs devînt douloureux, ce qui le fit taire tout en le ramenant au présent. Amalrich redemanda la raison de cette visite. N'importe qui aurait pu deviner une invitation à en finir au plus vite avec la raison en question pour qu'il puisse tout aussi vite retourner à sa nostalgie opiacée.

"J'ai mes raisons."
Répondit-il laconiquement alors que son infant évoquait le fait qu'ils n'avaient pas beaucoup d'occasions de discuter rien que tout les deux. Une des raisons était une ressemblance qui se faisait d'autant plus vivace lorsqu'il était dans cet état. Le Prussien ferma les yeux, sourcils froncés par une contrariété tout en se massant la tempe de sa main libre comme s'il voulait chasser cette pensée traîtresse qui le prenait toujours par surprise. "Les paroles formulées dans cet état ont autant de valeur que celle d'un ivrogne." Répondit-il à la place, désignant la pipe dans un geste vague en disant 'dans cet état'. Une phrase qui sonnait presque comme un avertissement pour ne pas profiter davantage de la situation alors qu'Anakin avait déjà obtenu de sa part quelques informations sur un sujet qu'Amalrich évitait soigneusement en temps normal. Le soldat rouvrit les yeux et essaya de se redresser sur son siège. Il se tourna légèrement vers Anakin. Ses gestes étaient lents et hésitant à cause de l'opium.

Le Prussien écouta attentivement, sans faire de commentaire ni le moindre hochement de tête. La seule chose qui pouvait s'apparenter à une réaction de sa part, fut lorsque Anakin parla du fait qu'il s'ennuyait et avait besoin de son travail. À ce moment, Amalrich avait suspendu son geste pendant quelques secondes alors qu'il portait la pipe à sa bouche. Juste une courte pause avant de poursuivre et prendre une longue inhalation de sa drogue. Il souffla avec lenteur la fumée, le temps qu'Anakin marqua une pause angoissée dans ses explications. Ce fut la seule réaction notable du soldat. Même le nom de Primrose ne provoqua rien chez lui, du moins, en apparence. On pouvait dire que son infant avait bien choisi son moment. L'opium avait complètement anesthésié la colère qui aurait envahi le Prussien si cet aveu était survenu lorsqu'il aurait eu l'esprit tout à fait clair.

"Elle a acceptée sans condition ?" Finit-il par demander, soupçonneux, en entendant que Primrose accepterait de reprendre Anakin dans sa clinique. Amalrich leva la tête pour souffler de nouveau sa fumée sans que cette dernière n'aille dans la figure de son interlocuteur. Il resta ainsi, le regard songeur, comme si un détail du plafond demandait toute sa concentration. Qui sait ce qu'il pouvait y voir dans son état. "Je t'accorde un certain sens de la stratégie. Tu as bien choisi le moment et tu y as mis les formes." Concéda-t-il dans un premier temps, toujours dans sa contemplation du plafond, tel un professeur sévère accordant avec réticence un bon point à son élève. Nouvel pause. "Je refuse." Souffla-t-il après un instant de réflexion. Sobre, la conversation se serait arrêté là. Il n'avait pas pour habitude de justifier ses décisions. Sa réaction aurait été beaucoup plus explosive aussi. À nouveau, merci l'opium qui délie les langues tout en calmant les ardeurs. "Je ne veux pas qu'on s'imagine que parce que tu es mon infant, tu as droit à des faveurs." Il s'interrompit pour reprendre une bouffée de sa drogue. "Et ce n'est pas à moi de mener tes combats à ta place." La formulation de cette dernière phrase était étrange, même pour lui qui avait souvent une manière de parler et des comparaisons vieillottes, là, le ton songeur, teinté d'un regret à peine perceptible, pourrait faire soupçonner qu'il parlait de tout autre chose. Amalrich poussa un soupir agacé. Péniblement, il se leva et tituba plus qu'il ne marcha en direction du gramophone qui tournait dans le vide depuis quelques instants. "Si c'est simplement par ennui, je peux trouver de quoi t'occuper." Trancha-t-il sèchement en levant la tête de lecture de l'appareil, concentrer dans cette tâche, il tournait le dos à Anakin.

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